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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 01:10

Les autorités ivoiriennes œuvrent depuis la fin de la crise post électorale à la réconciliation nationale et à la reprise économique



 La tenue en 2010 d’élections démocratiques et transparentes a marqué l’achèvement du long processus de normalisation politique en République de Côte d’Ivoire (RCI)

chdib Le bon déroulement du premier tour de l’élection présidentielle le 31 octobre 2010 a constitué une première étape

 La crise post électorale qui a débuté en décembre 2010, après l’annonce des résultats du second tour le 28 novembre, a toutefois provoqué de très fortes tensions politiques, économiques et sociale durant 5 mois

 L’investiture du Président Alassane Ouattara le 21 mai 2011 a parachevé le retour à l’ordre constitutionnel

 Les élections législatives devraient se tenir en décembre prochain et les élections locales en 2012, pour clore le cycle électoral.

 Le Gouvernement Ivoirien constitué le 1er juin 2011 a entrepris de restaurer la sécurité sur tout le territoire et de soutenir le redémarrage de l’économie avec l’appui de la communauté internationale

 Depuis juin, le Gouvernement a œuvré pour la réconciliation nationale et pour rétablir la sécurité des biens et des personnes et assurer le rétablissement de l’administration

 Au plan économique et social, le Gouvernement accorde la priorité aux besoins immédiats des populations et à la réhabilitation des infrastructures socio-économiques du pays, dans le cadre du programme d’urgence conclu avec le FMI soutenu par la Facilité de Crédit Rapide (FCR)

Introduction (suite)


Le programme économique et financier, en discussion avec le FMI soutiendra la reprise à moyen terme



 La conclusion prochaine d’un programme 2011-2014 soutenu par la Facilité Elargie de Crédit (FEC) avec le FMI marquera une nouvelle étape de la reprise économique et de la normalisation des relations de la RCI avec ses partenaires extérieurs

 La mission technique du FMI qui s’est déroulée du 31 aout au 15 septembre 2011 a permis d’arrêter un cadrage
macroéconomique pour la période 2011-2014 et devrait déboucher sur l’approbation par le conseil d’administration du FMI d’un nouveau programme soutenu par la FEC d’ici novembre prochain.

 Le soutien financier attendu du FMI devrait atteindre 614 millions USD sur trois ans au titre de la Facilité Elargie de Crédit

 La conclusion de ce nouveau programme devrait rapidement ouvrir la voie à un nouvel accord intérimaire de traitement de la dette avec les créanciers du Club de Paris ainsi qu’a la normalisation des relations avec les porteurs de l’Eurobond 2032


I. Evolution de l’économie ivoirienne en 2010

Des performances économiques satisfaisantes en 2010

Jusqu’à la crise post électorale, la RCI a démontré sa capacité à mettre en œuvre avec succès son programme d’ajustement


 En 2010, la Côte d’Ivoire a mis en œuvre avec succès le programme économique et financier soutenu par la Facilité Elargie de Crédit conclu avec le FMI le 27 mars 2009

 En septembre 2010, le FMI avait jugé l’exécution du programme globalement satisfaisante

 En dépit de plusieurs chocs négatifs, l’économie ivoirienne s’est accrue de 2,4% en 2010, contre 3,8% en 2009. L’inflation est ressortie en moyenne annuelle à 1,8%, contre 1% en 2009 et la balance courante a enregistré un excédent de 1,1% du PIB (contre 7,% en 2009) en dépit d’une baisse de la production de pétrole brut et de cacao

 L’exécution budgétaire 2010 s’est traduite par un déficit public ressorti à 2,3% du PIB, nonobstant l’accroissement des dépenses publiques de 1.1 point de PIB par rapport à 2009

 Les dépenses budgétaires sont restées dans les enveloppes prévues, notamment la masse salariale de l’Etat

 Le déficit budgétaire est ressorti légèrement supérieur aux prévisions en raison d’une contraction de 0,6% du PIB des recettes budgétaires par rapport au cadrage initial




2008 2009 2010

Croissance du PIB réel (en %) 2,3 3,8 2,4

PIB nominal (en milliards de francs CFA) 10425 10880 11352

Inflation (prix à la consommation, moyenne annuelle) 6,3 1 1,8

Croissance des exportations (volume) -0,8 10,6 -1,4

Croissance des importations (volume) 2,4 5,2 3,5

Solde du compte courant (% du PIB, transferts officiels inclus) 1,9 7,0 1,1

Dette extérieure (dette publique, % du PIB) 62,3 53,9 50,6

Ressources du gouvernement central (% PIB,) 18,9 18,8 19,2

Dépenses du gouvernement central (% PIB) 21,0 20,9 22

Solde primaire de base (% PIB) 0,4 0,6 -0,2

Solde budgétaire de base (% PIB) 1,6 -1,4 -2,3



Poursuite des réformes structurelles en 2010

Fin 2010, la Cote d’Ivoire était très proche d’atteindre le Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE




 En 2010, les Autorités Ivoiriennes ont poursuivi la mise en œuvre des réformes structurelles

 Réforme de la taxation de la production de cacao (application effective d’une taxe ad valorem d’un taux cumulé de 22% par rapport au prix CAF sur le cacao, conformément aux recommandations des IFIs)

 Création et mise en œuvre de l’Autorité Nationale de Régulation des Marchés Publics

 Poursuite de la mise en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DRSP) et définition de cadres de dépenses à moyen terme pour les secteurs sociaux (santé, éducation, formation)

 Fin 2010, la République de Côte d’Ivoire était donc tout près du franchissement du Point d’achèvement de l’initiative PPTE

 L’exécution des déclencheurs en vue de l’atteinte du Point d’achèvement aurait permis l’annulation d’une large partie de la dette due aux créanciers publics dans le courant de l’année 2011



Restructuration de la dette extérieure vis-à-vis du Club de Londres


Après le Club de Paris en 2009, les créanciers privés du Club de Londres ont normalisé leurs relations avec la RCI dans le cadre d’un échange qui a connu un grand succès




 La restructuration des titres de dette extérieure détenus par les créanciers du Club de Londres a connu un grand succès dans la normalisation des relations entre l’Etat et ses créanciers privés

 L’accord intérimaire avec les créanciers du Club de Paris conclu en mai 2009 au titre du Point de décision avait permis le traitement des arriérés accumulés et un allégement considérable du service de la dette jusqu’au Point d’achèvement (dette de 7,0 Md$ fin 2008)

 L’échange des bons Brady contre le nouvel Eurobond 2032 intervenu en juin 2010 a couvert 99% des titres éligibles (2,8 Md$)

 Cet échange a permis une annulation partielle de la dette (20% de réduction en principal) et prévoit un accroissement progressif des paiements (échéancier sur 23 ans dont 6 ans de grâce, taux d’intérêt de 2,5% en 2010-2011, 3,75% en 2012 et 5,75% jusqu’en 2032)


II. Les conséquences économiques de la crise post électorale


DECEMBRE 2010 - AVRIL 2011


Les conséquences économiques et financières de la crise post électorale


Le premier trimestre 2011 a été marqué par une très forte perturbation des grands équilibres macro-économiques



 Entre décembre 2010 et avril 2011, l’activité économique a été gravement affectée par la crise postélectorale

 La décision prise par le Gouvernement de suspendre les exportations de cacao a fortement réduit l’activité dans ce secteur clé

 L’embargo décrété par l’Union Européenne sur les deux ports ivoiriens et les sanctions à l’égard de certaines entreprises publiques ont fortement réduit le commerce extérieur et perturbé la fourniture des services de base

 La fermeture des agences nationales de la BCEAO et celle de la quasi-totalité des banques commerciales ont fortement affecté le fonctionnement du système bancaire et monétaire

 L’accentuation du conflit armé entre fin mars et début avril 2011 a provoqué de nombreux dommages matériels et humains

 Les affrontements ont provoqué un déplacement massif de populations à l’intérieur du pays et vers les pays voisins

 Des pillages quasi-systématiques ont visé les services de l’administration publique, provoquant de graves dommages
matériels (pertes des outils informatiques des services de la direction générale des impôts)

 Le potentiel productif a été lourdement affecté par les combats qui ont provoqué la mise au chômage technique de nombreux employés

 Les grands équilibres macro-économiques sont ressortis très fortement perturbés par la crise post électorale, notamment s’agissant des prix à la consommation

 La désorganisation des canaux de distribution a fortement renchéri le prix des produits alimentaires, l’inflation moyenne au premier trimestre étant estimée à plus de 5,2% et 14,1% pour les produits alimentaires

 Les estimations révisées à fin juin 2011 des pertes pour le secteur privé ivoirien avoisinent les 1000 milliards ou 10% du PIB

 La crise post électorale a provoqué la suspension des paiements au titre de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire

— Fin avril 2011, les arriérés accumulés depuis fin novembre 2010 vis-à-vis de la Banque Mondiale, de la BAD, du Club de Paris et des porteurs de l’Eurobond 2032, au titre de la dette extérieure atteignaient globalement 180 millions de USD



III. Programme économique et financier 2011, soutenu par la Facilité de Crédit Rapide (FCR)


MAI 2011- DECEMBRE 2011



A. Présentation du programme FCR


MAI 2011- DECEMBRE 2011


Le cadrage macroéconomique pour 2011


Les autorités ivoiriennes tablent avec le FMI sur une contraction du PIB en 2011 de 5,8% , contre 6,3% estimé en juin 2011


 L’évolution du PIB réel sur l’année 2011 a été estimée en juin par le FMI à -6,3%

 La période janvier-avril 2011 a été marquée par une très forte dégradation des activités économiques dont la mesure exacte a été difficile compte tenu de la désorganisation des administrations et du secteur financier

 L’activité tertiaire devrait être en baisse de 13,4% sur l’année sous l’effet des fortes perturbations subies par les secteurs des transports, des télécommunications, des services et du commerce

 Le secteur secondaire est attendu en repli de 8,4% sur l’année eu égard à la destruction de nombreuses unités de production, aux difficultés d’approvisionnement des industries et aux préjudices subis par les entreprises de construction

 L’inflation sur l’année devrait être contenue autour de 3%

 Il est anticipé que l’arrivée cyclique de produits vivriers sur les marchés au cours du second semestre 2011 contribuera à rétablir le rythme de l’inflation à un niveau proche des tendances d’avant crise

 L’économie ivoirienne pourrait connaître une reprise assez forte durant le reste de l’année 2011

 Le cadrage macroéconomique retenu avec le FMI table sur une capacité de rebond grâce à une reprise rapide des circuits commerciaux



Le Programme d’urgence des autorités pour la reconstruction (juin 2011)


Dès juin, la priorité a été accordée au redémarrage économique avec le soutien des partenaires au développement



 Les Autorités ivoiriennes se sont engagées , dès juin 2011, à recréer les conditions de la stabilisation économique et sociale

 Le programme d’urgence du Gouvernement a visé en priorité : le rétablissement de la sécurité, l’amélioration de la situation humanitaire, la réhabilitation des infrastructures, le soutien au secteur privé, le rééquipement des services publics

 Un Programme Présidentiel d’Urgence (PPU) de 45 milliards de FCFA a visé des investissement prioritaires et ciblés pour satisfaire les besoins essentiels des populations : eau potable, santé, éducation, électricité, salubrité urbaine


 La Côte d’Ivoire a bénéficié d’un large soutien de la communauté internationale pour la sortie de crise (770 millions USD)

 La France a accordé en urgence un prêt de 350 millions d’euros (490 millions USD) dont 200 millions d’euros ont été versés dès avril et affectés au paiement immédiat des arriérés de salaires des agents de l’Etat

 Le 8 juillet 2011, le Conseil d’Administration du FMI a approuvé le déboursement de 129 millions USD dans le cadre du programme d’urgence des autorités ivoiriennes pour la reconstruction soutenu par la Facilité de Crédit Rapide (FCR)


 La Banque Africaine de Développement a mobilisé en urgence 150 millions USD en juin sous forme de dons pour la reconstruction (soutien budgétaire) et de prêts projets


Les objectifs budgétaires pour 2011

Le budget 2011 a été lourdement affecté par la crise post électorale


 Le budget élaboré avec le FMI a porté sur la période 26 avril-décembre 2011

 Les opérations financières de l’Etat exécutées avant le 26 avril 2011 font l’objet d’une procédure de validation en vue d’une prise en compte éventuelle dans le cadre d’un collectif budgétaire

 La crise post électorale a fortement affecté les recettes de l’Etat en 2011

 La crise a pesé sur les recettes fiscales liées aux Douanes et aux activités commerciales (baisse des recettes de TVA de 39,4%)

 La sortie de crise a rendu nécessaire des mesures exceptionnelles d’allégement de la fiscalité pour soutenir le secteur privé (suspension du paiement de la vignette et de la patente transport en 2011 et abattement de 50% sur la patente commerce de 2011)

 Le Gouvernement a en outre consenti un effort fiscal exceptionnel pour alléger le prix des produits pétroliers à la pompe (moindre recette budgétaire estimée : 1% du PIB en 2011)

 Au total, les recettes budgétaires devraient se contracter de 1,6 point de PIB en 2011 (17,6% du PIB contre 19,2% en 2010)

 Les dépenses budgétaires sont en forte hausse compte tenu des besoins liés à la sortie de crise

 Le cadrage macroéconomique retenu avec le FMI table sur un accroissement des dépenses pour s’établir à 26.4% du PIB en 2011 , contre 22% en 2010

 Les dépenses prioritaires concernent les volets sécuritaires (1% du PIB consacré au programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire, à la formation de la nouvelle armée, au service civique, au redéploiement de l’administration sur le territoire et aux élections législatives) et humanitaire (0,5% du PIB consacré au PPU, 2,1% du PIB consacré aux grands investissements de l’Etat, 1,1% du PIB de subvention au secteur de l’électricité)

 Le Gouvernement s’est engagé à un remboursement net de 25 milliards de FCFA aux fournisseurs de l’Etat

 Sur le reste de l’année, le Gouvernement a maintenu les objectifs de dépenses prioritaires pour la lutte contre la pauvreté (10,2% du PIB) et table sur la maîtrise de la masse salariale de la fonction publique à 8,8% du PIB

 Au total, le déficit budgétaire devrait atteindre -8,5% du PIB sur les trois derniers trimestres de 2011 selon le cadrage de juin

 Cette estimation tient compte de l’ensemble des obligations financières de l’Etat, y compris le service de la dette


Un financement de l’Etat en 2011 extrêmement contraint

L’intégralité des financements exceptionnels accordés à la RCI sont affectés en 2011 à la reconstruction


 La Côte d’Ivoire bénéficie en 2011 d’une assistance financière d’urgence de la communauté internationale qui devrait s’établir au moins à 920 millions USD à la fin de l’année 2011

 Les financements d’urgence de la France (490 millions USD), de la BAD (150 millions USD)et du FMI (130 millions USD) obtenus en mai et juin ont été affectés au redémarrage de l’administration publique et au paiement des arriérés de salaires afin de favoriser la reprise économique

 L’aide budgétaire (150 millions USD) et le don de 50 millions USD attendus de la Banque mondiale seront affectés en priorité à la relance de l’économie

 Le Gouvernement a en outre mobilisé à court terme 55 milliards de CFA (115 millions USD) de recettes dans le cadre d’un crédit relais intégralement remboursé en 2011

 Un crédit relais de court terme sous forme de préfinancement bancaire adossé au Droit Unique de Sortie sur le stock de cacao constitué à fin mars 2011 a été souscrit

 Des emprunts intérieurs et locaux permettent de couvrir le remboursement des arriérés domestiques de l’Etat, y compris au titre des bons du Trésor, et ses besoins de financement résiduels

 Le budget 2011 prévoit une mobilisation de 800 milliards de FCFA (1,7 milliard USD)

 Le Gouvernement a également prévu une émission d’obligations du trésor de 200 milliards de FCFA dont 100 milliards de FCFA en septembre 2011.

 Toutefois, les financements exceptionnels ne permettent pas d’éviter en 2011 l’accumulation d’arriérés au titre de la dette extérieure

 Le programme agréé avec le FMI soutenu par la Facilité de Crédit Rapide anticipe une accumulation d’arriérés extérieurs sur les trois derniers trimestres de 2011 à hauteur de 550 millions USD




La suspension du service de la dette extérieure en 2011



La stratégie de gestion du service de la dette reflète les contraintes budgétaires pour 2011



 Le cadrage budgétaire agréé avec le FMI en juin table sur une suspension des paiements de la République au titre de sa dette extérieure sur l’ensemble de l’année 2011

 La crise post électorale a conduit l’Etat à suspendre ses paiements au titre de la dette extérieure au premier trimestre 2011 et à annoncer la suspension du service de la dette vis-à-vis de ses créanciers publics et privés jusqu’à la fin de l’année 2011

— Le TOFE évalue à 460 millions USD les arriérés accumulés en 2011 vis-à-vis des créanciers du Club de Paris
— La RCI n’a pas servi les échéances dues au titre de l’Eurobond 2032 du 31 décembre 2010, du 30 juin 2011 et a annoncé en juillet qu’elle ne sera pas en mesure d’honorer l’échéance du 31 décembre 2011 (solde cumulé des arriérés fin 2011 au titre des coupons non payés : 86 MUSD)

 Le Gouvernement a annoncé dès la fin de la crise son intention de normaliser ses relations financières extérieures le plus rapidement possible tout en tenant compte des contraintes économiques et financières auxquelles il est confronté

 La RCI a apuré dès mai 2011 les arriérés accumulés vis-à-vis de la Banque mondiale et de la BAD et a repris le service normal de la dette multilatérale

 La RCI a annoncé son intention de rechercher un traitement des arriérés accumulés vis-à-vis des créanciers publics du Club de Paris

 La RCI a annoncé en juillet 2011 sa ferme intention de reprendre le service de l’Eurobond 2032 en 2012 et de rechercher un traitement acceptable pour toutes les parties des arriérés accumulés fin 2010 et en 2011 à l’égard des porteurs de ces obligations



B. Exécution du programme FCR


MAI 2011- DECEMBRE 2011


Cadrage macroéconomique révisé et exécution budgétaire


A fin juin 2011, le Gouvernement a mis en œuvre de façon satisfaisante le programme d’urgence appuyé par la FCR



 A la lumière de l’évolution de la conjoncture à fin juin 2011, les principaux indicateurs macroéconomiques ont été révisés comme suit :

 La croissance du PIB est estimée à -5,8% contre une prévision initiale de -6,3% grâce à l’amélioration du secteur primaire (agriculture d’exportation)

 La reprise économique apparaît plus rapide que prévu en juin : la production industrielle atteignait en juin 95% de son niveau de fin 2010 contre 50% en avril et l’activité agricole a été vigoureuse

 Exécution du budget

 Il est noté une bonne tenue des recettes grâce à la reprise des exportations du cacao stocké dans les ports ivoiriens, des régularisations des impôts dus au premier trimestre 2011 et des efforts du Gouvernement pour rééquiper rapidement les régies

 Les Autorités ont trouvé un accord avec les banques domestiques sur un rollover des arriérés accumulés durant la crise post
électorale (630 milliards FCFA) et ont conduit avec succès en septembre 2011 une émission d’obligation sur le marché
domestique de 160 milliards FCFA pour un objectif de 100 milliards


Réformes structurelles

Le programme au titre de la Facilité de Crédit Rapide prévoit la reprise rapide de la mise en œuvre des réformes structurelles


 Le Gouvernement a entrepris de relancer rapidement la mise en œuvre des réformes structurelles déjà engagées dans le cadre du précédent programme 2009-2011 avec le FMI

 Un état des lieux est en cours afin de dresser le bilan de la crise post électorale sur la mise en œuvre des réformes engagées
 La Commission bancaire a conduit une évaluation de la situation prudentielle de chaque banque

 Le Gouvernement a repris dès juin la mise en œuvre des réformes prioritaires (séminaire en juin sur le secteur électrique, reprise du recensement des fonctionnaires et agents de l’Etat, lancement de l’étude sur les prix pétroliers, travail d’ajustement du Document Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté)

 La réforme institutionnelle du secteur café/cacao demeure une priorité en vue du franchissement du Point d’achèvement de l’Initiative PPTE

 Les travaux ont repris avec la Banque mondiale sur cette réforme qui constitue le dernier déclencheur clé à atteindre pour le franchissement du Point d’achèvement


IV. Perspectives pour l’année 2012

A.SUB-SECTION 1


Perspectives pour 2012

Le cadrage macroéconomique pour 2012 en cours de discussion avec le FMI table sur une reprise forte de l’économie


 Les Autorités ivoiriennes ont élaboré avec les services du FMI un cadrage macroéconomique en vue d’un programme appuyé par la Facilité Elargie de Crédit

 Une mission du FMI s’est déroulée du 31 aout au 15 septembre 2011 à Abidjan et a permis d’arrêter un cadrage macroéconomique

 Le conseil d’administration du FMI pourrait approuver ce nouveau programme d’ici à novembre 2011

 Le soutien financier du FMI pourrait atteindre 614 millions USD sur trois ans

 La croissance pourrait être forte en 2012 sous l’effet du rattrapage

 Le PIB pourrait croitre de 8,5% en 2012 selon les premières évaluations grâce au retour à l’apaisement de l’environnement sociopolitique

 Une forte hausse de l’investissement est notamment anticipée compte tenu des besoins considérables de réhabilitation de l’équipement productif du pays (production électrique, production pétrolière, construction, transports, infrastructures)

 Les principales hypothèses budgétaires

 Les recettes budgétaires sont prévues en hausse mais toujours inférieures au niveau d’avant crise

 De nouvelles taxes seront instituées notamment sur le caoutchouc et la télécommunication

 Le redéploiement de l’administration fiscale dans les ex-zones CNO sera effectif

 Le recouvrement de l’impôt foncier sera amélioré à travers les améliorations apportées au niveau du cadastre

 Les dépenses budgétaires sont accrues par les dépenses d’investissement (5,4% du PIB) et les mesures d’incorporation dans la fonction publiques des anciens combattants mais le Gouvernement entend limiter l’accroissement de la masse globale des dépenses par un contrôle budgétaire renforcé sur les autres dépenses

 Au final, le FMI anticipe le maintien de contraintes financières fortes sur le Gouvernement en 2012, en dépit d’hypothèses raisonnables concernant les paiements effectués au titre de la dette extérieure

 Le TOFE anticipe un appel au marché sous régional à hauteur de 600 milliards FCFA en 2012



Vers le rétablissement d’une croissance plus forte et plus durable

De nouvelles réformes structurelles et l’accroissement des investissements publics sont la clé pour une croissance plus élevée


 Le programme économique et financier négocié avec le FMI pour la période 2011-2014 repose sur l’engagement de nouvelles réformes structurelles visant à soutenir le secteur privé et améliorer le climat des affaires

 Le principal objectif de la stratégie des Autorités ivoiriennes vise à assurer la transition de la phase de reprise post-crise électorale vers une phase de croissance durablement forte après plusieurs années de faible croissance en raison du climat socio-politique tendu

 La croissance du secteur privé est l’élément clé pour la création d’emplois et la réduction de la pauvreté sur la durée
 Les priorités du gouvernement seront :

— L’amélioration de la gestion des finances publiques, l’augmentation du potentiel fiscal, le rééquilibrage des comptes du secteur électrique et le rétablissement de la viabilité des régimes de retraite
— L’amélioration du cadre légal, notamment s’agissant du droit des affaires
— L’amélioration de la capacité du secteur financier ivoirien à jouer son rôle d’intermédiation de l’épargne et de financement du développement

 A moyen terme, l’objectif des Autorités ivoiriennes est d’engager une reconstruction de l’ensemble des infrastructures du pays après des années de sous-investissement public en raison de la crise interne

 Des réformes structurelles vont être engagées pour améliorer l’efficacité globale de l’économie et le niveau de la croissance potentielle

 L’objectif est d’accroître sensiblement l’investissement public, de 3% du PIB en 2010 à 5% en 2012 et 7% en 2014

 Les Autorités entendent conduire des partenariats public-privé sur les grands projets d’infrastructure à chaque fois que cela sera possible


Normalisation des relations financières avec le Club de Paris


L’approbation par le conseil d’administration du FMI de l’accord au titre de la FEC ouvrira la voie à une normalisation des relations financières de la RCI avec ses créanciers publics du Club de Paris



 La crise post électorale a suspendu la mise en œuvre de l’accord de traitement de la dette au point de décision conclu en mai 2009 avec les créanciers du Club de Paris

 La RCI avait conclu le 15 mai 2009 un accord intérimaire au Point de décision de l’initiative PPTE avec le Club de Paris dont les deux premières phases ont été mises en œuvre

 La crise post électorale n’a pas permis la mise en œuvre de la 3e phase de l’accord au 31 mars 2011 et a de facto suspendu la mise en œuvre de l’accord de mai 2009

 Conformément aux principes du Club de Paris, la RCI sera en mesure de bénéficier rapidement d’un nouveau traitement intérimaire de sa dette une fois le programme appuyé par la FEC est approuvé par le Conseil d’Administration du FMI

 Il est probable que les créanciers du Club de Paris proposeront à la RCI de ne pas poursuivre la mise en œuvre de l’accord de 2009 mais de conclure un nouvel accord intérimaire

 Ce nouvel accord devrait permettre à la Côte d’Ivoire d’obtenir :

— un traitement des arriérés accumulés depuis fin 2010 vis-à-vis des créanciers du Club de Paris
— Un allégement très substantiel du service de la dette vis-à-vis des créanciers publics jusqu’au franchissement du Point d’achèvement

 Des contacts ont déjà été établis avec le Secrétariat du Club de Paris et les créanciers publics bilatéraux qui en sont membres afin d’accélérer la préparation de ce nouvel accord qui pourrait être négocié d’ici la fin de novembre 2011

 Le franchissement du Point d’achèvement de l’Initiative PPTE demeure une priorité pour le Gouvernement

 Compte tenu de l’avancement de la mise en œuvre des réformes convenues lors de l’atteinte du point de décision, la RCI pourrait être en mesure d’atteindre l’objectif du point d’achèvement à la fin du premier semestre ou dans le courant du second semestre 2012

 Au Point d’achèvement, la RCI sera en mesure de bénéficier d’une réduction très significative du stock de sa dette extérieure vis-à-vis de ses créanciers publics bilatéraux (3 milliards USD au titre du PPTE selon les estimations du FMI en 2010) ainsi qu’une annulation quasi-totale de sa dette multilatérale dans le cadre de l’initiative MDRI du FMI, de la Banque mondiale et de la BAD (2 milliards USD selon le FMI).


Normalisation des relations financières avec les créanciers privés

Les Autorités Ivoiriennes n’entendent aucunement remettre en cause les termes de l’émission obligataire de juin 2010 et rechercheront seulement un accord sur le paiement différé des trois coupons manqués fin 2010 et en 2011



 Les Autorités ivoiriennes ont très clairement fait part aux porteurs des titres 2032 de leur intention de respecter leurs
engagements vis-à-vis de leurs créanciers privés tout en sollicitant leur compréhension au regard des conséquences de la crise

 Par les 3 communiqués du 6 mai, 1er juin et 8 juillet 2011, le Ministre de l’économie et des finances a fait part de l’incapacité de la République d’honorer ses paiements de coupons dus au titre de l’Eurobond 2032 le 31 décembre 2010, le 30 juin et le 31 déc. 2011

 Il s’est engagé à proposer aux créanciers les termes d’un apurement négocié de ces arriérés dès lors que les Autorités disposeront d’une visibilité suffisante sur les perspectives macroéconomiques pour 2012 et les années suivantes, dans le cadre d’un accord avec le FMI

 La République de Côte d’Ivoire est pleinement désireuse de respecter ses engagements vis-à-vis de ses créanciers extérieurs et n’entend absolument pas renégocier les termes de l’émission obligataire 2032

 Le cadrage macroéconomique agréé avec le FMI permet d’envisager une reprise des paiements de coupons dus aux créanciers au titre de l’échéancier 2012 et d’initier un remboursement échelonné des arriérés accumulés fin 2010 et en 2011

 La RCI entend proposer rapidement un « waiver » de l’événement de défaut aux porteurs de l’obligation 2032 et compte sur la confiance maintenue de ses créanciers pour finaliser rapidement un accord sur un calendrier de repaiement échelonné des arriérés

 Une proposition formelle sera adressée par l’intermédiaire des conseils de la République avant la fin de l’annee en s’appuyant sur les projections agrées avec le FMI s’agissant de la capacité de paiement effective du pays dans les prochains semestres

 La RCI souhaite trouver un accord acceptable par tous qui tiennent pleinement compte des contraintes qui demeureront fortes en 2012 et durant les années suivantes sur la capacité de paiement effective de la République

 La reprise du service de la dette due au titre de l’Eurobond 2032 respectera pleinement le principe de la comparabilité de traitement exigé par le Club de Paris

 Les créanciers du Club de Paris attachent une grande importance au traitement équitable des différentes catégories de créanciers extérieurs de la RCI, ce qui implique une reprise concomitante des paiements aux créanciers publics et privés

 La conclusion probable d’un nouvel accord intérimaire avec le Club de Paris dans le cadre de l’initiative PPTE permet d’envisager la reprise du service de la dette due aux créanciers publics durant le premier trimestre 2012

 Le paiement du coupon du 30 juin 2012 dû aux porteurs de l’Eurobond 2032 pourra donc intervenir en toute conformité avec le principe de la comparabilité de traitement


Normalisation des relations avec les créanciers privés (suite)
La normalisation des relations avec les créanciers commerciaux en dehors du Club de Londres


 Les autorités ivoiriennes souhaitent finaliser rapidement les discussions avec les porteurs des titres BNI et Sphynx

 Les dettes commerciales dues au titre des opérations BNI (Standard Bank) et Sphynx étaient estimées fin 2008 à 290 millions USD, y compris les arriérés

 Les autorités ivoiriennes ont manifesté leur intention de négocier la restructuration de ces dettes à des termes conformes au principe de comparabilité de traitement du Club de Paris

 Les autorités ivoiriennes souhaitent conclure rapidement cette négociation dans les prochains mois, avec l’assistance de leur conseillers juridique et financier


Conclusion


A.SUB-SECTION 1


Conclusion


 La crise post électorale est maintenant derrière nous

 Le Gouvernement a rétabli l’ordre intérieur et est maintenant fermement établi au plan interne et international

 L’économie ivoirienne est repartie de l’avant et le dynamisme économique et commercial est de retour

 Les élections législatives se dérouleront probablement en décembre prochain, suivi des élections locales en 2012 qui marqueront la fin du cycle électoral ouvert en octobre 2010

 La République de Côte d’Ivoire est désireuse d’ouvrir une nouvelle page et de s’engager vers l’avenir avec la pleine confiance de ses partenaires au développement et de ses créanciers extérieurs

 Le franchissement du Point d’achèvement de l’initiative PPTE marquera un nouveau départ pour la Côte d’Ivoire qui entend prendre toute sa part au renouveau économique de l’Afrique, avec l’aide durable de ses partenaires au développement

 La Côte d’Ivoire est pleinement désireuse d’accueillir la communauté des investisseurs pour accompagner son développement et saisir toute les opportunités offertes par les secteurs en croissance de son économie (énergie, matières premières, infrastructures, tourisme, agriculture, …) dans le cadre de partenariats public-privé

 La République de Côte d’Ivoire compte sur la confiance de ses créanciers extérieurs pour assurer le financement durable de son renouveau économique

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Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 14:29

Les clignotants économiques, le moins que l’on puisse dire, sont au rouge. Il faudrait donc une
thérapie de choc pour relancer la machine de production. Le ministre de l’Economie et des
Finances, Charles Koffi Diby, était récemment devant les membres de la Chambre de Commerce et
d’Industrie Belge en Cote d’Ivoire. Extraits de la séance des questions réponses.

chdibQuelle est votre stratégie pour l’apurement de la dette intérieure aux profits des Pme/Pmi ?

Le secteur privé sera accompagné dans ses efforts de normalisation et de reprise, notamment
par une affectation en 2011 des ressources publiques d’un montant de 144,9 milliards de Fcfa à
l’apurement des arriérés dus aux fournisseurs de l’Etat d’une part, et par un effort de règlement des
arriérés de paiement pour un montant de 23,3 milliards de Fcfa à fin mai 2011, sur un total de 182,8
milliards de Fcfa à fin 2010. Aussi, nous entendons procéder à des abandons de recettes fiscales
d’un montant cumulé de 32,4 milliards de Fcfa dont les plus grands bénéficiaires sont les Pme. En ce
qui concerne l’appui direct de l’Etat, il se chiffre à un montant de 12 milliards de Fcfa à l’ensemble
du secteur privé et la poursuite de la lutte contre les facteurs de surcoût, notamment le racket et les
tracasseries routières.

Quelles sont les mesures fiscales concrètes qui vont être prises pour aider les entreprises
ivoiriennes sinistrées ?

Deux types de mesures visant à soutenir les entreprises sinistrées sont prévus par l’annexe fiscale
2011. Au titre des mesures d’ordre général elles concernent l’ensemble des assujettis (personnes
physiques et personnes morales), et consistent en : la suspension de la vignette 2011, la suspension
de la patente de transport 2011 et la réduction de 50% de la patente commerciale 2011. Aussi, nous
prévoyons la réduction de 25% de l’impôt foncier au moment du paiement. Ainsi que l’annulation
des arriérés d’impôt général sur le revenu mis en recouvrement avant le 1er janvier 2010. Le coût de
ces mesures est estimé à 26,4 milliards FCFA.

Y a –t-il des mesures spécifiques de soutien aux entreprises et aux personnes physiques sinistrées ?

Les bénéficiaires de ces meures sont les entreprises ou les personnes physiques qui ont subi des
dommages au cours de la période postélectorale (destruction totale, vols, pertes de stock, baisse de
chiffre d’affaires, destructions d’immeubles). Ces mesures portent notamment sur l’annulation de
tous les arriérés d’impôts des entreprises entièrement détruites. Sans oublier la passation en charge
du montant des investissements de renouvellement de ceux détruits en 2011 d’une part et le non
reversement de la Tva sur les stocks volés et détruits d’autre part. Les mesures spécifiques portent
également sur l’exonération d’impôt sur le revenu des créances sur les intérêts des prêts consentis
par les banques et les sociétés mères aux entreprises en vue du renouvellement des biens détruits.
Par ailleurs, la mesure de l’annulation d’impôt foncier pour l’année 2011 concerne les personnes
physiques, dont la valeur du dommage causé à l’immeuble est égale au moins à 500 000 Fcfa et 5
millions Fcfa pour les entreprises.

N’y aura-t-il pas pour les Pme/Pmi des mesures en matière d’exonération de la Taxe à la Valeur
Ajoutée (Tva) ?

Celles dont les biens ont été détruites ou volés, il est prévu dans l’annexe fiscale à la loi de finances,
l’exonération de la Tva sur les biens acquis jusqu’au 31 décembre 2011, en renouvellement de
ceux détruits ou volés, l’annulation des arriérés d’impôt synthétique exigibles au 30 avril 2010 et
l’annulation de l’impôt synthétique de mai et juin 2011. Des mesures spécifiques sont également

destinées aux entreprises installées en zone Cno. La loi de finances 2011 reconduit les mesures
fiscales adoptées en 2010 en faveur des entreprises implantées en zone Cno.

L’afflux de capitaux ne va-t-il pas replonger la Côte d’Ivoire dans un nouveau cycle d’endettement,
après le point d’achèvement du Ppte ?

(…) L’endettement n’est pas nuisible en soi. Toute la question réside dans l’utilisation efficiente de
ces ressources (les Usa sont à la fois le pays le plus endetté et le plus avancé).Les capitaux publics
étrangers permettent d’investir dans les domaines prioritaires des infrastructures, de la santé, de
l’éducation, du règlement de la dette intérieure, de l’habitat, de la sécurité, etc. Ces investissements
sont indispensables pour amorcer un développement durable. L’atteinte du point d’achèvement
de l’initiative Ppte devrait permettre à la Côte d’Ivoire de bénéficier d’un allègement substantiel du
stock de sa dette extérieure qui s’élève à 5 806,3 milliards Fcfa à fin mai 2011.

Que propose concrètement l’Etat ivoirien pour que la Côte d’Ivoire ne retombe pas dans le cycle
infernal du sur endettement ?

Pour gérer un endettement viable après le point d’achèvement de l’Initiative Ppte, le pays compte
respecter ses engagements pris au point de décision de cette initiative. La nouvelle politique
d’endettement que la Côte d’Ivoire veut mettre en œuvre repose notamment sur plusieurs points.
Citons entre autres, le recours aux dons ou aux prêts concessionnels, l’interdiction d’emprunt ou de
garantie à échéances de moins d’un an et la mise en place d’une politique rigoureuse de réduction,
voire d’apurement totale des arriérés de l’Etat (…)

Quelle va être la politique fiscale de l’Etat pour les cinq (5) ans à venir ?

La politique fiscale de l’Etat des cinq (5) prochaines années visera les objectifs principaux ci-après :
la baisse de la pression fiscale, la simplification et la rationalisation des procédures administratives
en vue d’inciter à la création d’entreprises et à l’amélioration de la compétitivité des entreprises, la
rationalisation et la réduction des régimes dérogatoires d’une part, et la réduction de la fiscalité sur
les produits de base (aliments, vêtements, eau, etc.) d’autre part. Sans oublier l’adoption de mesures
spécifiques en direction des micro-entreprises, des entreprises de transport, notamment en vue de
les inciter à sortir de l’informel et l’élargissement de l’assiette d’imposition.

Les créances compromises des banques suite à la crise postélectorale vont-elles être reprises par
l’Etat de Côte d’Ivoire dans un schéma comme celui appliqué aux Usa avec la crise financière ?

C’est une question à examiner. En tout état de cause, il est nécessaire de faire l’état des lieux des
banques après la crise postélectorale, y compris une évaluation de ces créances compromises. Par
ailleurs, il importe d’indiquer que le secteur financier faisait déjà l’objet d’un plan de réforme. Ce
plan sera actualisé sur la base d’une nouvelle revue en liaison avec le Fmi, pour tenir compte de

l’impact de la crise

Y aura-t-il des aides européennes et bilatérales aux Pme et entreprises sinistrées par la crise ?
Si oui, comment vont-elles être distribuées et qui en assurera la supervision pour empêcher les
fraudes ?

A l’heure actuelle, la Côte d’Ivoire a reçu un appui financier de ses partenaires au développement,
notamment de la France, prioritairement destiné au paiement de salaires de mois de fin mars-avril
2011 et au redémarrage des services de l’administration publique. Ces ressources sont également
orientées en direction de l’apurement de la dette intérieure, en vue d’insuffler une bouffée
d’oxygène aux entreprises qui ont été affectées par la crise. En effet, le Gouvernement fait de
l’apurement de la dette intérieure une priorité. Cette volonté a été matérialisée par le règlement
des factures des fournisseurs à hauteur de 23,3 milliards en mai 2011. La gestion de ces ressources
certes importantes mais largement insuffisantes par rapport aux nombreux besoins de sortie de
crise, obéit aux principes de rigueur et de transparence. Dans ce cadre, une mission d’évaluation
de l’Afd conduite du 6 au 10 juin 2011 à Abidjan, a permis de valider le rapport d’exécution de ces
ressources. (…).

Quelle sera l’action du Ministère et de la Dgi pour les entreprises ne pouvant pas remplir leurs
obligations fiscales à temps suite aux dommages causés par la crise ?

Des dispositions ont été prises pour faire face à cette situation indépendante de la volonté des
entreprises. Il s’agit notamment de : la prorogation des délais de dépôts de déclarations fiscales
relatives à la période de crise postélectorale, ainsi que les délais de paiement des impôts concernés.
Par ailleurs, le gouvernement a décidé de la suspension des contrôles fiscaux jusqu’à nouvel ordre
et de la non application de pénalités sur tous les paiements effectuées hors des délais légaux.

Qu’en est-il des contrôles fiscaux des entreprises (en principe tous les 5 ans) ?

En principe, le délai de prescription de la vérification d’assiette est de trois (3) ans au lieu de cinq (5)
ans, comme indiqué dans la question. Cependant, pour permettre aux entreprises de se remettre
du traumatisme de la crise postélectorale, exceptionnellement, il a été décidé de suspendre les
contrôles fiscaux sur place en entreprise jusqu’à nouvel ordre.

Des mesures sont-elles prises pour mettre fin à la corruption et aux abus dans les contrôles ?

Au plan général, une brigade anti corruption est cours de création au sein de l’Inspection générale
des Finances, avec un cahier de charges précis, assorti d’une obligation de résultat. Au plan fiscal, la
Dgi a pris un certain nombre de mesures : l’adoption du régime disciplinaire de l’agent des impôts ;
la création d’un observatoire du contrôle fiscal, organe paritaire Dgi-secteur privé ; l’initiation
d’une campagne de communication sur les droits et garanties des contribuables (supports utilisés :

émissions télévisées, guide du contribuable, charte du contribuable et charte du contribuable
vérifié. En en outre, il convient de rappeler que le Livre de Procédures fiscales prévoit la possibilité
pour le Directeur général des Impôts d’autoriser la reprise d’un contrôle fiscal en cas de suspicion de
collusion entre le vérificateur et l’entreprise vérifiée.

Que peuvent faire les chambres consulaires pour aider le Ministère dans ses démarches auprès des
opérateurs économiques européens ?

Dans le cadre de la reprise effective et de la relance économique, l’Etat compte mettre en œuvre une
diplomatie offensive et efficace d’accompagnement des opérateurs privés.

A cet effet, il est attendu des chambres consulaires une assistance technique plus accrue à l’Etat à
travers :

- la remobilisation de tous leurs membres ;

- la multiplication des missions découvertes du marché ivoirien ;

- la multiplication des manifestations organisées dans le cadre de l’animation économique ;

- la participation des opérateurs économiques dans le cadre du Comité de concertation Etat-secteur
privé, déjà mis en place, et dans ce contexte, être une force de proposition pour anticiper sur les
problèmes.

La procédure à suivre pour obtenir de l’Etat les remboursements de la Tva est beaucoup trop
longue. Ceux de 2008 sont toujours en attente. Quels sont les objectifs, en termes de délai,
concernant ces remboursements ?

Le délai légal maximum d’instruction d’une demande de remboursement de crédit de Tva est d’un
mois à compter de sa date de réception.

En ce qui concerne les entreprises éligibles à la procédure accélérée, le délai est de 15 jours.

Le remboursement s’effectue en principe dans un délai de huit (8) jours à compter de la réception de
l’ordre de paiement.

Dans le but d’aider à la compétitivité des entreprises et d’encourager les exportations, il a été créé
une régie de remboursement des crédits de Tva depuis 2006. La mise en place de cette régie visait à
alléger la procédure de remboursement.

Toutefois, elle s’est heurtée à des difficultés de trésorerie liées à la situation de crise que traversait
notre pays.

Il convient d’indiquer que l’engagement pris est de ne pas accroître le stock d’arriérés de crédit de
Tva de plus de 10 milliards à fin 2011.

Pour les particuliers qui ont été pillés que peuvent-ils espérer et quelles démarches doivent-ils
entreprendre ?

Les individus qui ont été pillés durant la crise, bénéficieront conformément aux dispositions de
l’annexe fiscale 2011, d’un allègement en matière d’impôt foncier. A cet effet, ils doivent se rendre
dans leurs centres des Impôts de rattachement et donner la preuve du sinistre enregistré. Chaque
Direction régionale des Impôts est chargée de l’appréciation des éléments de preuves fournis,
appuyés par un acte d’huissier ou d’un officier ministériel.

Pour les nouveaux investisseurs étrangers, quelles vont être les mesures d’incitation à s’installer,
et quelles sont les mesures sécuritaires ?

Dans le domaine de la sécurité, des avancées notables ont été enregistrées. Elles portent
particulièrement sur :

- l’encasernement et le profilage des soldats et des ex-combattants ;

- la levée des barrages, la lutte contre le racket et les tracasseries routières ;

- le retour des policiers et des gendarmes dans les commissariats et les brigades, etc ;

- la réunification de l’armée en cours.

La sécurité reste une priorité du Gouvernement qui entend protéger aussi bien les populations vivant
en Côte d’Ivoire que les investisseurs étrangers.

Au titre des mesures directes d’incitation à l’investissement, nous avons déjà cité les actions
engagées dans le cadre du programme «Doing business», les mesures inscrites dans la loi de finances
2011 pour l’installation des entreprises en ex-zone Cno.

Ces mesures concernent notamment :

- l’exonération totale de l’impôt Bic jusqu’en 2015 et la réduction de 75% en 2016 et 2017 ;

- l’exonération d’impôt foncier sur la même période ;

- l’exonération de la Tva sur les acquisitions de biens d’équipement nécessaires à l’investissement ;

- l’exonération de droit d’enregistrement sur les formalités de constitution d’entreprise.

A cela, il faut ajouter le projet de révision du Code des Investissements et les mesures qui seront
prises pour améliorer le fonctionnement du système judicaire, y compris la création de tribunaux de
commerce.

Par Bamba Mafoumgbé

bamaf2000@yahoo.fr

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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 13:09

chdibUne équipe du Fonds monétaire international dirigée par Mme Doris Ross a rencontré le ministre de l’Economie et des Finances, Charles Diby Koffi le mardi 31 mai 2011 au 20ème étage de l’immeuble Sciam, au siège dudit ministère pour engager des discussions sur le programme de relance économique de la Côte d’Ivoire.

Au cours des échanges avec la presse, Charles Diby Koffi a fait savoir que son institution a eu un cadre budgétaire en collaboration avec l’équipe tripartite FMI-BAD-BM. « C’est un signal très fort que ces grandes institutions sont en Côte d’Ivoire. Dieu merci, nous avons le point de décision sinon nous aurions un arriéré de 10 ans à devoir à la BAD », a confié le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances. « La tâche ne sera pas facile, Rien n’est encore gagné », s’est inquiété l’argentier. Sur cette lancée, Charles Diby a indiqué qu’il faut mettre 40 milliards de FCFA pour apurer les arriérés intérieurs. Par rapport aux dépenses publiques, il a été sans détour : « le président n’acceptera pas de dérapages budgétaires. Rien ne sera toléré en matière de dérapages. Tout sera sanctionné », a-t-il martelé. Ajoutant qu’il fera en sorte que le taux annuel de croissance soit entre 6 et 7%. Avant lui, Mme Doris Ross, représentante du FMI, a, dans une déclaration, indiqué que les autorités de la Côte d’Ivoire et la délégation du FMI se sont entendues sur un ensemble de politiques macroéconomiques à mettre en œuvre durant le reste de l’année 2011 en vue de relancer l’économie du pays. Ces politiques pourraient être appuyées par la facilité de crédit rapide (FCR).Selon elle, un décaissement éventuel de 81,3 millions de DTS (environ 130 millions de dollars, sous réserve de l’approbation par la direction générale et le conseil d’administration du FMI, pourrait intervenir en juillet. A sa suite, Doffonsou Richard Antonin représentant la BAD (Banque africaine de développement) a traduit la volonté de son institution à appuyer la Côte d’Ivoire dans cette période post-crise. « Nous sommes ici dans le cadre de soutenir cette mission conjointe. Un appui budgétaire de 77 milliards de FCFA sera exécuté pour faire face aux besoins pressant dans divers domaines. Selon English Philip représentant de la Banque mondiale, il faut chercher à comprendre l’impact de cette crise, évaluer les besoins et le cadre macroéconomique du FMI. «Le démarrage des discussions dans les réformes de la filière café-cacao est en cours. Le besoin de meilleur prix pour les paysans et le renforcement du partenariat secteur public-privé sont à envisager », a-t-il rassuré pour la relance des activités de sa structure.


Armand K in "L'intelligent"

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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 15:15

Le Ministre de l'économie et des finances Charles Diby Koffi a

accordé une interview à France 24. Il revient sur l'état de l'economie ivoirienne,les perspectives et les actions menées au quotidien pour la relance des activités économiques. 

 

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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 11:48

dkc-copie-2.jpgLe ministre de l’Economie et des Finances, Charles Koffi Diby, a complètement repris en main le dossier relatif à l’allégement de la dette ivoirienne auprès des bailleurs de fonds. Rencontrant hier, les opérateurs économiques nationaux regroupés au sein d’une confédération, il a indiqué que le gouvernement fera tout pour obtenir l’annulation de la dette ivoirienne. Pour lui, une chose est sûre : «Le point d’achèvement de l’initiative PPTE est encore à notre portée ». Cela est encore possible, dans la mesure où le point de décision de l’initiative PPTE n’a pas été mis en cause, malgré la crise. Malgré cela, les Ivoiriens doivent continuer de travailler. Car, c’est à ce prix que le point d’achèvement pourra être obtenu à la date indiquée. Pour le ministre, il faut être confiant et soutenir les actions de l’Etat.

 

L'intelligent d'Abidjan

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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 12:22

diagouLa Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire, avec à sa tête, Jean Kacou Diagou, son président, a échangé le mardi 10 mai 2011, au 20è étage de l’immeuble Sciam, avec le ministre de l’Economie et des Finances, sur les problèmes récurrents auxquels les opérateurs économiques sont confrontés.

Selon Jean Kacou Diagou, à l’exception des précédentes crises, celle née à l’issue de l’élection présidentielle de novembre 2010, a été sévère. Dans la mesure où tous les secteurs d’activités ont été touchés. Cette fois-ci, ce n’est pas à Abidjan seulement que des entreprises ont subi des dommages. Les villes de l’intérieur ont été également touchées, aux dires du président de la Confédération. A ce jour, en attendant le bilan exhaustif des dégâts, la CGECI déplore une perte approximative de 30 milliards de FCFA du côté des entreprises opérant dans le secteur de la téléphonie. Selon Jean Kacou Diagou,des entreprises ont pratiquement perdu tous leurs outils de production. Dans la dynamique de la réconciliation et de la reprise des activités économiques, le premier responsable de la CGECI, a, par l’entremise du ministre de l’Economie et des Finances, demandé que le gouvernement fasse quelque chose pour les secteurs sinistrés. Cette fois, il souhaite que les mesures d’accompagnement que prendra l’Etat soient plus importantes que celles de 2004 en ce sens que les entreprises n’ont plus rien. Toujours dans la perspective de la reprise des activités dans le secteur privé, Jean Kacou Diagou a plaidé pour un allégement des procédures de création d’entreprises. Mieux, il préconise la mise en place d’un guichet unique de sorte que les investisseurs désireux de créer des entreprises ne souffrent pas assez. Par ailleurs, le président de la CGECI est revenu sur plusieurs autres points pour lesquels, il souhaite que des solutions soient apportées très rapidement. Il s’agit en l’occurrence de la problématique de l’insécurité. Du fait de la crise, plusieurs hommes en tenue militaire détiennent des armes. Beaucoup d’entre eux violentent des travailleurs qui se rendent dans les zones industrielles (Yopougon), rançonnent des opérateurs économiques. En général, déplore-t-il, le racket a pris plus ces jours-ci de l’ampleur. Cette situation, a fait remarquer Jean Kacou Diagou, n’est pas faite pour garantir un climat proprice aux investisseurs. C’est la raison pour laquelle, il plaide pour un retour rapide à la normale. En termes de doléances, les opérateurs économiques du secteur privé ont souhaité que l’Etat leur consente un abattement sur un certain nombre d’engagement, à savoir la TVA, l’impôt foncier. La problématique de la dette intérieure a également été évoquée.En réaction aux inquiétudes de la confédération, le ministre de l’Economie, Charles Diby Koffi a assuré que le gouvernement est disponible à étudier les différents cas, et voir dans la mesure du possible ce qu’il y a lieu de faire. S’agissant des aides attendues par les entreprises du secteur privé, le ministre a déclaré que l’Etat est prêt à jouer sa partition. Déjà, il décaisse 6 milliards de FCFA au titre d’aide. Mais en retour, il souhaite que le secteur privé crée les conditions qui puissent absorber plusieurs jeunes diplômés ou sans emplois. «Si l’Etat vous accompagne, alors vous êtes obligés de créer des emplois», a fait savoir le ministre de l’Economie et des Finances. Aux dires de Charles Diby Koffi, c’est de cette façon que le secteur privé peut contribuer à régler les problèmes sociaux. Car, tant que la jeunesse n’aura rien à faire, elle sera toujours tentée de poser des actes dont les conséquences sont préjudiciables à la société. Ce message a été perçu cinq sur cinq par le secteur privé, selon Jean Kacou Diagou. «Nous sommes prêts pour le partenariat, nous sommes prêts à travailler pour sortir la Côte d’Ivoire de cette crise», a-t-il promis.


Honoré Kouassi  "L'intelligent d'Abidjan"

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Jeudi 5 mai 2011 4 05 /05 /Mai /2011 12:10

diby_opertateurEU.jpgPour s`assurer de la reprise des activités par l`ensemble des opérateurs économiques du secteur privé, le ministre de l`Economie et des Finances Charles Diby Koffi s`est entretenu le mercredi 4 mai 20011, au 20è étage de l’immeuble Sciam, avec une délégation de la Chambre de Commerce Européenne de Côte d`Ivoire, conduite par M. Maximilien Lemaire, son président. A l’entame des discussions, Charles Diby Koffi a fait remarquer à ses hôtes que la situation socio-économique est très difficile, voire très pénible pour les populations. Et pour redonner espoir de vivre à ceux qui ont perdu leurs emplois, mais aussi accroître les ressources de l’Etat, le ministre estime judicieux de remettre l’économie sur les rails. C`est pourquoi, il n’a pas hésité à inviter les opérateurs économiques à garder espoir. "Ayons foi, la Côte d`Ivoire doit repartir, évitons une récession économique à la Côte d`Ivoire", a-t-il dit. Exhortant les entreprises membres de la Chambre de commerce européenne de Côte d’Ivoire à poursuivre leurs activités, Charles Diby Koffi a déclaré que le temps est venu pour redémarrer l`activité économique. Aux dires du ministre, la Côte d’Ivoire vit une situation de pauvreté d’extrême gravité qui exige de faut tout faire pour lui éviter une récession économique. En réponse à l’appel du ministre de l’Economie et des Finances, M. Maximilien Lemaire, président de la Chambre de Commerce Européenne de Côte d`Ivoire a promis jouer le rôle qui est le leur, à savoir, reprendre les activités afin de reconstituer le tissu économique. «Nous sommes prêts à reconstituer le tissu économique », a-t-il assuré, avant les échanges à huis clos avec le ministre de l’Economie et des Finances.


Honoré Kouassi


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Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 13:19

dkc-copie-1.jpgLe ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, Charles Koffi Diby, a dévoilé son plan pour faire repartir rapidement l’activité, lors d’un point de presse avec son homologue française Christine Lagarde. Les patrons français, préoccupés par la situation sécuritaire, étaient venus nombreux.

 

Charles Koffi Diby, qui apparaissait publiquement en France pour la première fois depuis le début de la crise, a dévoilé jeudi son plan lors d’une conférence de presse commune avec Christine Lagarde, la ministre française de l’Économie et des Finances.

 

Deux semaines pour débuter le versement des salaires

 

Première des priorités pour l’État ivoirien : verser les salaires des fonctionnaires, et leurs arriérés. Sur ce point, Christine Lagarde a confirmé qu’un prêt d’urgence de 400 millions d’euros allait être accordé, dont une première tranche de 200 millions d’euros doit être débloquée dans les prochains jours ou semaines par l’Agence française de développement (AFD).

Selon nos informations, la convention qui doit définir les modalités du prêt (taux d’intérêt et échéance notamment) n’a pas encore été signée, mais dans l’entourage de Christine Lagarde, on indique que ses conditions seront « à la mesure de notre partenariat avec la Côte d’Ivoire ». La deuxième tranche du prêt doit être versée avant la fin juin.

« D’ici à deux semaines, l’État ivoirien pourra reprendre ses décaissements », a indiqué Charles Koffi Diby, après avoir remercié Christine Lagarde et la France pour ce prêt qui « arrive de manière opportune », alors que les « difficultés sont énormes ».

La Côte d’Ivoire doit par ailleurs bénéficier d’un soutien d’urgence de la Banque mondiale (100 millions de dollars soit 68,6 millions d’euros) et de l’Union européenne (200 millions d’euros).

 

Redémarrage du secteur bancaire avant fin avril

 

Charles Koffi Diby prévoit par ailleurs une remise sur pied rapide du secteur bancaire. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) doit rouvrir « en milieu de semaine prochaine », a-t-il annoncé. Elle sera suivie de toutes les banques commerciales « avant la fin de la semaine », a-t-il ajouté.

Le ministre s’est aussi employé à rassurer les grands groupes français présents dans son pays, qui étaient venus très nombreux pour le rencontrer pendant une heure et demie.

Le PDG d’Orange-France Telecom Stéphane Richard, s’est lui-même déplacé. Sa filiale ivoirienne a subi de très lourds dommages, avec des pillages et le vol de la quasi-totalité de son parc de véhicules. Étaient aussi représentés les entreprises françaises Total, Société générale, Air France, BNP Paribas, CMA CGM, Bouygues ou encore Canal +.

Pour ces sociétés, la principale préoccupation est le rétablissement de la sécurité. « Notre armée est en train de se réunifier. C’est l’ensemble des forces militaires qui vont être amenées à régler les problèmes de sécurité. C’est une question essentielle pour le Premier ministre et le gouvernement », a déclaré Charles Koffi Diby à leur intention.

Dernier enjeu, le point d'achèvement au titre de l'initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). La Côte d’Ivoire devait l’atteindre au cours du premier semestre 2011, ce qui lui aurait permis de réduire sa dette extérieure de 3 000 milliards de F CFA (4,5 milliards d’euros). Charles Koffi Diby espère désormais atteindre le point d’achèvement à la mi-2012. Sur ce dossier, la crise aura fait perdre au moins un an à la Côte d’Ivoire.

 

 

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Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 00:33
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Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 00:20
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