Management des services publics" de Charles Diby Koffi:Un cours magistral pour la bonne gestion de l'administration
Le ministre de l'Economie et des Finances, Charles DIBY KOFFI a procédé à la dédicace de son œuvre "Management des Services Publics : retour d'expérience... des raisons d'espérer " le samedi 7 avril dernier, juste après la photo de famille qui consacrait la formation du nouveau gouvernement
Il y avait du beau monde à la cérémonie de dédicace. Ce livre, volumineux de 182 pages est un condensé de vrai cours magistral de management. L'auteur a divisé son œuvre en trois grandes parties. La première met à nu "les faiblesses dans la gestion des services publics". L'auteur y dénonce plusieurs maux dont le copinage : "(...). Certaines pratiques dans l'administration publique laissent croire que pour accéder à un emploi public, il faut nécessairement avoir ses "entrées" dans les sphères du Pouvoir " (p33).
A cela s'ajoute une certaine légèreté dans la gestion et l'acquisition du matériel : "Dans ces conditions écrit l'auteur, il n'est pas impossible qu'un service chargé du matériel réussisse l'exploit de se faire livrer des claviers d'ordinateur en arabe alors que la langue officielle de la Côte d'Ivoire est le français. Dans le même ordre d'idées, l'administration regorge de cas où des services centraux se voient doter des véhicules de type 4 x 4 pendant que des véhicules de type berline sont affectés aux services déconcentrés qui doivent sillonner les pistes cahoteuses et impraticables des hameaux les plus éloignés. " (p 46).
Et Charles DIBY KOFFI de poser le constat suivant : "A l'évidence, la raison d'un tel choix obéit moins à la recherche de l'efficacité qu'à un souci de "Prestige social". (p46). Que dire alors de l'utilisation abusive des moyens déjà existants ? "Combien de fois les chefs de service n'ont-ils pas interpellé leurs collaborateurs sur l'utilisation des véhicules de service les jours non ouvrables ? Alors qu'il n'y a aucun autre moyen pour distribuer le courrier ou pour permettre aux collaborateurs d'assurer les missions techniques, le seul véhicule dont est doté le service est parfois affecté à une utilisation qui n'entre pas dans le cadre de l'exécution de la mission de service public" note l'auteur. (p47). D'où le bien fondé de sa remarque contenue à la page 48 : "En vérité, le développement commencera par la reconsidération de notre rapport avec la "respublica", c'est-à-dire la chose publique, le service public, les deniers publics. Il prendra forme, le jour où l'on cessera de privilégier l'intérêt particulier au profit de l'intérêt général". Puis, de poursuivre que le développement "s'enracinera véritablement lorsque l'épouse d'une autorité administrative comprendra qu'elle n'a pas le statut de son conjoint et qu'elle ne doit pas faire ses courses personnelles avec la voiture de fonction, pas plus qu'elle ne doit donner des instructions aux collaborateurs de son époux qui, n'est, en réalité, habilité à le faire que dans l'exercice de ses fonctions.
Au surplus, doit-on se satisfaire d'immobiliser trois, voire quatre véhicules de service à son domicile, quand d'autres unités administratives n 'en ont pas pour les besoins de leurs interventions" (p48).
En outre, le ministre de l'Economie et des Finances ne passe pas sous silence, "la pensée unique" qui se développe dans les services publics, imposée par le chef (p52) où les dénonciations calomnieuses, les faux rapports que certains cadres font sur leurs collègues pour plaire aux patrons (p53).
Mais s'il y a un vice qui gangrène le fonctionnement de l'administration, il s'agit bel et bien, selon le ministre DIBY de la corruption. "Dire du phénomène de la corruption qu'il est le mal du siècle, dans une administration de services publics, est un euphémisme. Comparée au VHI-SIDA dont les effets dévastateurs sont visibles dans notre environnement humain, la corruption, parce que sournoise comme le cancer, rampante comme le serpent, tentaculaire comme la pieuvre, et corrosive comme la lèpre, semble être un des plus effrayants fléaux du siècle.
Elle est d'essence démocratique et concourt puissamment à libérer les énergies parce que, tuant en chacun l'autocensure" (p 84). Lorsqu'on y ajoute la modernisation des outils des gestions et des méthodes de travail (p88), la rationalisation du système d'information (p96), la promotion d'une gestion administrative à visage humaine (p 04), le rêve devient réalité. Cependant, tout ceci "ne doit se muer en clientélisme, en paternalisme, en clanisme, en tribalisme, en favoritisme et en injustice" (p 09).
Enfin dans la troisième et dernière partie, l'auteur définit "l'approche nouvelle à l'épreuve des défis et enjeux futurs des administrations publiques ". Il s'agit dans cette partie de demander aux administrations publiques d'épouser l'air de développement prodigieux des NTIC et NTIT. "Le monde bouge. Surtout le monde des affaires bouge (...). Quelle doit donc être l'attitude des administrations publiques dans un tel environnement ? Bouger aussi ? Se replier sur soi ? (...) " s'interroge le ministre de l'Economie et des Finances. En tout état de cause répond-il. Cette vision nouvelle "se résume parfaitement en la conduite d'une action administrative incolore, inodore, saine et pure, viscéralement attachée à l'obligation de performance et de résultats, qui s'appuie et sans égard pour les épiphénomènes" (p 67). "Dans cette optique, la nouvelle politique managériale de l'administration publique doit s'appuyer sur une gestion participative, à visage humain au centre de laquelle la communication doit occuper une place de choix" conclut l'auteur du livre "Management des Services Publics, retour d'expérience ... des raisons d'espérer".
Vu in" Le grand point de l'économie N° 002"